27.05.2026
N°1 2026

Actualités en bref

 Réduction des moyens financiers dans le domaine de la formation continue 

Dans le message FRI 2025–2028, adopté par le Parlement en septembre 2024, le Conseil fédéral avait défini le soutien à la formation continue comme une priorité stratégique. Il avait même souligné que des coupes budgétaires dans ce domaine auraient des répercussions en termes de coûts induits, notamment pour l’assurance-chômage et l’aide sociale. Le revirement surprenant intervenu quelques mois plus tard n’en a été que plus déconcertant: dans le cadre du «Programme d’allègement budgétaire 2027», le Conseil fédéral souhaitait réaliser des économies massives dans le domaine de la formation continue. Il a proposé de réduire considérablement les subventions destinées à la formation continue, voire de les supprimer complètement.

Du point de vue de la FSEA, ces plans d’économies auraient conduit le Conseil fédéral à démanteler sa propre politique de formation continue menée ces dernières années, à ignorer les résultats de la recherche en éducation et à mettre sciemment en péril une base de ressources importante pour l’économie suisse. La FSEA a fermement rejeté le paquet d’économies présenté par le Conseil fédéral et s’est engagée de toutes ses forces, aux côtés de ses partenaires, pour s’opposer politiquement à ces plans d’économies.

En collaboration avec d’autres associations, la FSEA a lancé une alliance contre les plans d’économies et a exprimé ses préoccupations dans une lettre ouverte. Dans plusieurs prises de position, la FSEA, et en particulier sa présidente Tiana Moser, a souligné que ces plans d’économies seraient néfastes pour l’économie et absurdes. Début février 2025, la Conférence des directrices et directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP) s’est également positionnée très clairement contre les mesures d’économies dans la formation continue dans une prise de position. Des discussions intensives ont également eu lieu avec les parlementaires.

Avec succès: après d’intenses délibérations, le Conseil national et le Conseil des États sont parvenus à s’entendre en mars sur un compromis. Cela après que le Conseil des États se fut d’abord prononcé en faveur d’une réduction des plans d’économies et que le Conseil national eut même voulu renoncer totalement aux coupes dans la formation continue. Le compromis: un budget de 15 millions de francs par an a été alloué à la formation continue (contre 19 millions de francs auparavant). Les moyens seront ainsi réduits de 20% à partir de 2027. Malgré cette réduction douloureuse, le fait que 80% du financement aient pu être sauvés doit être considéré comme un succès pour le secteur de la formation continue.

  Introduction des titres «Professional Bachelor» et «Professional Master»

Dans le domaine de la formation professionnelle supérieure, de nouveaux titres ont été créés pour les diplômes ES et les examens professionnels fédéraux. Cette modification, parmi d’autres, vise à rendre la formation professionnelle plus attrayante et à améliorer sa reconnaissance internationale.

Le 10 décembre 2025, le Conseil national a approuvé, à la suite du Conseil des États, une modification correspondante de la loi sur la formation professionnelle. La révision introduit les mentions «Professional Bachelor» et «Professional Master» pour les diplômes de la formation professionnelle supérieure. En outre, l’anglais est désormais une langue d’examen supplémentaire possible pour les examens professionnels fédéraux et les examens professionnels supérieurs. À l’avenir, seuls les prestataires de formations reconnues au niveau fédéral pourront utiliser la désignation «école supérieure».

Il s’agit là d’un signal fort pour lutter contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée et renforcer l’attractivité des professions en Suisse, a déclaré la porte-parole de la commission Katharina Prelicz-Huber (Les Verts/ZH). Cela permettrait également une meilleure reconnaissance de la formation professionnelle dans le contexte international.

Concrètement, la majorité a jugé importante l’introduction de ces mentions supplémentaires afin que les diplômes de niveau tertiaire soient reconnus à l’étranger.

Ces modifications s’expliquent par le fait que les diplômes universitaires ont connu une croissance plus forte que les diplômes de la formation professionnelle supérieure ces dernières années. Dans le même temps, les écoles supérieures se plaignaient depuis longtemps d’un manque de notoriété et de prestige. Le Conseil fédéral avait donc accepté une motion visant à mieux positionner les écoles supérieures et avait demandé un examen approfondi de la situation. L’ensemble de la formation professionnelle supérieure, y compris les examens professionnels fédéraux et les examens professionnels supérieurs, a été pris en compte.

Les mesures proposées ont été élaborées en collaboration avec les partenaires de la formation professionnelle (Confédération, cantons et organisations du monde du travail) et avec la participation des hautes écoles.

 Viamia, principalement utilisée par des personnes pour le service de conseil

L’offre viamia aide les personnes âgées de 40 ans et plus à renforcer leurs chances professionnelles et à se préparer à temps aux changements sur le marché du travail. Elle a été créée en 2019 dans le cadre d’un paquet de mesures mis en place par le Conseil fédéral pour promouvoir la main-d’œuvre indigène.

Selon le rapport de suivi, 31 932 participantes et participants ont suivi une consultation viamia entre le 1er janvier 2022 et le 31 décembre 2025. Les cantons de Zurich, Vaud, Berne et Argovie, c’est-à-dire les quatre cantons les plus peuplés, enregistrent le plus grand nombre de consultations viamia. Ainsi, 18 838 consultations viamia (59%) ont eu lieu dans l’un de ces quatre cantons.

En outre, 70% des personnes participantes étaient des femmes, 82% exerçaient une activité lucrative et 83% étaient de nationalité suisse. Les participantes et les participants sont pour la plupart bien qualifiés: 40% ont un diplôme universitaire, près d’un cinquième (18%) ont suivi une formation professionnelle supérieure. Par ailleurs, 6% ont obtenu comme formation la plus élevée une maturité gymnasiale, une maturité professionnelle ou une maturité spécialisée et 31% des personnes demandant conseil ont suivi une formation professionnelle initiale sans autre qualification. Enfin, 4% des participantes et des participants ont terminé leur scolarité obligatoire (sans formation consécutive).

Selon l’évaluation des conseillers, près de la moitié (47%) des participantes et des participants présentent une employabilité plutôt forte à très forte sur le marché. Environ un tiers (38%) se voit attribuer une employabilité moyenne, tandis que 15% présentent une employabilité plutôt faible à très faible. Cette répartition est restée largement stable au fil des ans.

La raison la plus souvent citée pour participer à viamia est le désir de se perfectionner professionnellement. Le désir général de changement ou une réorientation professionnelle, l’espoir d’une plus grande satisfaction au travail ainsi que l’insécurité professionnelle motivent également les personnes qui demandent conseil.

Les problèmes de santé, l’augmentation de la charge de travail, le désir d’améliorer sa situation financière, une reprise du travail après une pause, etc. sont moins souvent cités comme raisons de participation.

Les conseils viamia sont très bien notés par les participantes et les participants. Avec une note moyenne de 5,5, la satisfaction à l’égard de l’offre de conseil viamia est très élevée. Moins de 2% des participantes et des participants attribuent une note insuffisante. Au niveau cantonal, les notes moyennes varient entre 5,2 et 5,8. La satisfaction est restée élevée durant les trois années.

Le développement et l’introduction de viamia ont été mis en oeuvre et financés dans une large mesure par la Confédération. En collaboration avec les cantons, le SEFRI a créé une offre d’évaluation professionnelle et d’orientation de carrière. La Conférence suisse de l’orientation professionnelle, universitaire et de carrière (CS OPUC), conférence spécialisée des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP), était responsable de la conception du contenu et de la mise en œuvre.

Depuis 2026, les cantons assument la responsabilité du financement et de la mise en œuvre de ce service. Ils gèrent l’offre de manière autonome, selon des normes communes et sous le label commun viamia. Les consultations sont assurées par les offices cantonaux d’orientation professionnelle, universitaire et de carrière.

Stratégie de formation pour les personnes peu qualifiées à Winterthour

La ville de Winterthour a élaboré une stratégie de formation pour les personnes peu qualifiées, dans le but de les soutenir selon le principe «du travail grâce à la formation», comme elle l’indique dans un communiqué de presse. Les personnes concernées doivent avoir la possibilité d’acquérir des qualifications professionnelles et de rattraper leurs lacunes en matière de compétences de base. Cela comprend la lecture, l’écriture, le calcul, l’expression orale en allemand ainsi que l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC), pour leur permettre d’augmenter leurs chances de décrocher un emploi et de le conserver.

Une analyse de la situation à Winterthour a montré que la ville compte une proportion relativement élevée (15%) de personnes âgées de 20 à 64 ans sans certificat d’apprentissage ou diplôme de maturité. Bien qu’il existe déjà un large éventail d’offres de formation, de nombreuses personnes concernées n’y ont pas recours pour des raisons telles que la honte, le manque de compétences en lecture/langue, la méconnaissance du système éducatif ou le manque de moyens financiers.

La ville a donc élaboré une stratégie de formation en collaboration avec des partenaires économiques et sociaux. Celle-ci comprend quatre objectifs:

Objectif 1: mise en réseau, coordination et offres

Mesures: établir une vue d’ensemble des offres, entretenir le réseau, examiner et développer les offres, intensifier les contacts avec les employeurs importants pour Winterthour, réduire les obstacles juridiques

Objectif 2: atteindre les personnes peu qualifiées

Mesures: sensibiliser les multiplicateurs, former les spécialistes des services sociaux, créer des supports d’information facilement accessibles

Objectif 3: évaluer les besoins en formation et conseiller

Mesures: effectuer une évaluation de base pour les personnes bénéficiant de l’aide sociale et de l’aide sociale aux réfugiés, examiner l’évaluation des personnes ne bénéficiant pas d’un système d’aide, coordonner l’évaluation des compétences de base et le conseil accessible à tous

Objectif 4: permettre l’accès à la formation

Mesures: octroyer des bourses pour le marché du travail, accompagner les adultes peu qualifiés dans leur parcours de formation, accompagner les jeunes et les jeunes adultes peu qualifiés dans leur parcours de formation

Le plan de mise en œuvre devrait commencer à l’été 2026.

Étude FSEA sur les lieux d’apprentissage tessinois

Le canton du Tessin a chargé la FSEA de mener une étude afin d’en savoir plus sur les utilisatrices et utilisateurs des Caffè APPrendo. Les résultats devraient permettre de développer ces lieux d’apprentissage et de les adapter au mieux aux groupes cibles. 

Les Caffè APPrendo sont des lieux d’apprentissage accessibles à toutes et à tous, à l’ambiance «café», comparables aux Lernstuben du canton de Zurich, et qui se sont implantés au Tessin ces dernières années. Il existe actuellement trois Caffè APPrendo au Tessin: La Filanda à Mendrisio, La Città dei mestieri della Svizzera italiana à Bellinzone et Spazio lavoro e formazione à Lugano. 

Les Caffè APPrendo proposent à la fois des conseils, des cours structurés, des ateliers et des possibilités d’apprentissage informel. L’accent est mis sur la promotion des compétences de base, l’utilisation des médias numériques, l’auto-organisation et l’orientation vers l’action. L’objectif est de soutenir les adultes dans leur développement personnel et professionnel et de faciliter l’accès à la formation. 

À ce jour, on sait peu de choses sur les personnes qui fréquentent les Caffè APPrendo, sur leurs besoins et leurs attentes, sur les facteurs qui favorisent ou entravent leur participation aux offres de formation proposées par les Caffè APPrendo. 

L’étude de la FSEA répondra à ces questions. Pour cela, des sondages et des entretiens avec les personnes participantes seront menés dans les trois Caffè APPrendo au Tessin. Les résultats sont attendus pour fin 2026. Ils devraient donner des points d’ancrage à ce canton pour lui permettre de développer de manière ciblée les offres existantes de Caffè APPrendo et les adapter encore mieux aux groupes cibles.

Données PIAAC sur les personnes avec des compétences de base insuffisantes

L’Office fédéral de la statistique a publié un rapport supplémentaire sur les données PIAAC actuelles. Il montre notamment que des compétences de base limitées vont de pair avec un faible bien-être et une moins bonne intégration sociale.

En Suisse, 15% des personnes âgées de 16 à 65 ans – soit environ 844 000 personnes – ont de faibles compétences en lecture, en calcul et en résolution adaptative de problèmes. Par rapport à l’ensemble de la population, les personnes ayant de faibles compétences ont tendance à être moins actives professionnellement et à gagner moins. Leur niveau de bien-être est par ailleurs plus bas et leur participation à la vie sociale moins marquée que chez les personnes ayant des compétences plus élevées. 

Près de la moitié (46%) des personnes âgées de 16 à 65 ans dont les compétences sont faibles n’ont pas suivi de formation post-obligatoire et 56% d’entre elles ont entre 46 et 65 ans. Les compétences semblent également être liées au contexte socio-économique familial: les parents des personnes ayant de faibles compétences sont proportionnellement moins nombreux à avoir un diplôme du degré tertiaire (12%, contre 34% de la population totale), à exercer une profession qualifiée (25%, contre 52% de la population totale) et sont plus souvent au chômage (7%, contre 2% de la population totale) que les parents des personnes avec des compétences plus élevées. 

Parmi les personnes présentant de faibles compétences en lecture, en calcul et en résolution de problèmes, 38% ont pour langue principale l'allemand, le français ou l'italien, langues dans lesquelles se déroulaient les tests PIAAC. Pour les 62% restants, une partie des faibles scores observés s'explique par le fait qu'ils ont passé les tests PIAAC dans une langue étrangère.

Parmi les personnes dont les compétences sont faibles, 71% exercent une activité lucrative – contre 83% de la population totale. Plus de 80% font partie des 40% des actifs ayant les revenus les plus bas. Elles perçoivent également plus souvent des prestations sociales que la population totale.

La plupart des personnes en Suisse (86%) sont très satisfaites de leur vie en général. Ce pourcentage tombe à 75% chez les personnes peu qualifiées. De plus, ces personnes sont proportionnellement moins nombreuses (38%) que la population dans son ensemble (55%) à juger très bon leur état de santé. Elles ont moins confiance en leurs semblables (33% déclarent avoir fortement confiance en leurs semblables, contre 47% de la population totale) et s’engagent moins souvent dans le bénévolat (19%, contre 37% de la population totale). Elles sont également moins nombreuses à considérer que les possibilités de participation politique sont élevées ou très élevées (33%) que l’ensemble de la population (51%).

Dans l’ensemble de la population, la proportion des personnes ayant suivi une formation continue au cours des cinq dernières années est de 61%, alors qu’elle n’est que de 33% chez les personnes ayant de faibles compétences.

Regards sur l’éducation 2025

L’OCDE a récemment publié son rapport annuel «Regards sur l’éducation 2025». Cette étude comparative internationale fournit des analyses complètes et des indicateurs quantitatifs sur les systèmes éducatifs de plus de 40 pays, dont la Suisse.

Le rapport aborde les structures éducatives, les taux de participation, le financement de l’éducation, l’organisation institutionnelle et les transitions éducatives. L’édition actuelle contient en outre les résultats de l’étude PIAAC 2023, qui met l’accent sur les compétences des adultes. Ces résultats ont été utilisés pour examiner dans quelle mesure les adultes participent à la formation continue formelle et non formelle.

Les analyses de l’OCDE montrent que la participation à la formation continue est étroitement liée au niveau de compétence, même chez les personnes ayant le même niveau de formation. Ainsi, 74% des personnes ayant suivi une formation tertiaire et disposant de compétences élevées en matière de résolution adaptative de problèmes ont participé à une formation continue, contre 42% des personnes ayant suivi une formation tertiaire et disposant de faibles compétences dans ce domaine. En outre, des différences apparaissent dans la participation à la formation continue entre les personnes qui utilisent fréquemment les compétences étudiées dans leur vie quotidienne ou sur leur lieu de travail et celles qui déclarent les utiliser plutôt rarement dans ces deux situations.

Si la participation à la formation continue augmente avec le niveau de compétence dans tous les pays étudiés, les taux de participation continuent de varier d’un pays à l’autre. En Suisse également, on observe une différence dans la participation à la formation continue entre les personnes qui utilisent fréquemment leurs compétences en lecture dans la vie quotidienne et celles qui ne les utilisent pas souvent. Les deux valeurs sont supérieures à la moyenne de l’OCDE.

Le rapport mentionne également les obstacles auxquels sont confrontées les personnes ayant un niveau de compétence plutôt faible (selon l’étude PIAAC) pour participer à la formation continue. Il s’agit notamment du fait que beaucoup de ces personnes ne participent pas (ou ne peuvent pas participer) au marché du travail ou travaillent dans des conditions précaires, ce qui ne leur permet pas toujours de suivre une formation continue. Il apparaît clairement, dans tous les pays étudiés, que les adultes sans emploi participent moins à la formation continue. Selon le rapport, impliquer ces personnes dans les formations continues reste un obstacle pour le système éducatif non formel de nombreux pays.

La ville de Lucerne teste des bons de promotion linguistique pour les nouveaux résidents

Toute personne qui s’annoncera et emménagera dans la ville de Lucerne en 2026 aura la possibilité de suivre un cours de langue grâce à un bon. La ville testera pendant deux ans la distribution de ces bons de bienvenue. 

Le projet pilote «Bons de promotion linguistique de Lucerne», prévu pour une durée de deux ans, sera mis en œuvre dans le cadre du projet pilote «Welcome Desk». En raison des liens étroits entre les deux projets en termes de personnel et de contenu, ceux-ci seront menés conjointement et évalués ensemble à leur terme. 

Le projet se concentre sur la promotion de l’apprentissage de l’allemand comme deuxième langue chez les nouveaux résidents adultes dont le niveau d’allemand est inférieur à C1. Le bon de promotion linguistique n’est donc destiné ni aux enfants ou adolescents, ni aux demandeurs d’asile, ni aux réfugiés reconnus et aux personnes admises à titre provisoire, dont la promotion de l’intégration relève de la compétence du canton. 

Lors de leur annonce à la ville de Lucerne, les nouveaux résidents sont informés de l’existence des bons de promotion linguistique et des écoles de langues où ils peuvent être utilisés. S’ils le souhaitent, ils peuvent retirer ces bons dès le début 2026 au Welcome Desk de la ville de Lucerne, nouveau point d’accueil créé pour les nouveaux venus. Les bons visent à les inciter à apprendre la langue le plus rapidement possible après leur arrivée et à favoriser ainsi leur intégration sociale et professionnelle. 

Enquête européenne auprès du personnel enseignant des écoles professionnelles

Le Centre européen pour le développement de la formation professionnelle (Cedefop) a interrogé 14 000 personnes enseignantes issues de 23 États membres de l'UE dans le cadre d'une enquête européenne sur les enseignants de l'enseignement professionnel. Selon le Cedefop, il s'agit de la première enquête exhaustive menée auprès du personnel enseignant de l'enseignement professionnel dans l'UE.

Partout en Europe, on constate une aggravation de la pénurie du personnel enseignant dans la formation professionnelle, en particulier dans les disciplines STEM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques) et en langues étrangères. Plusieurs raisons expliquent cette situation. Par exemple, pour une grande partie du personnel enseignant de l'enseignement professionnel (plus précisément 67%), l'activité d'enseignement ne constituait qu'un tremplin vers la vie active. Et seuls 18% estiment que leur profession est valorisée.

De plus, le personnel enseignant de l'enseignement professionnel gagne près de 11% de moins que les autres personnes salariées titulaires d'un diplôme universitaire; en outre, elles ont plus souvent des contrats à durée déterminée. Seuls 40% des personnes sont satisfaites de leur salaire. À cela s’ajoutent, selon l’enquête, une charge de travail élevée, des classes souvent surchargées et un environnement difficile. Sans mesures ciblées, le Cedefop estime que l’Europe risque de prendre du retard par rapport à ses concurrents mondiaux dans la préparation de la main-d’œuvre à l’économie de demain.

L'enquête actuelle vise à apporter plus de clarté à ce sujet. Concrètement, elle examine l'efficacité de la formation continue du personnel enseignant, les déficits de qualification dans le domaine des technologies numériques et vertes, le caractère inclusif de l'enseignement ainsi que le niveau de satisfaction à l'égard du lieu de travail et des conditions de travail.

Les résultats sont attendus pour 2027. Ils doivent être pris en compte dans l'élaboration des politiques nationales et européennes, et contribuer à l'amélioration des programmes de formation continue.

Série de Podcast «potenziaLLL» de l’Institut allemand pour la formation des adultes (DIE)

L'Institut allemand pour la formation des adultes (DIE) diffuse, via sa plateforme wb-web, la série de podcasts «potenziaLLL». Celle-ci donne la parole à des enseignants et à des collaborateurs d'établissements de formation continue ainsi qu'à des chercheurs. Ces entretiens fournissent des informations et des anecdotes de première main et donnent un aperçu des activités et des motivations des différents acteurs. «potenziaLLL» vise à apporter une contribution audio à l'apprentissage tout au long de la vie des enseignants.

Un épisode du podcast a été consacré au réseau «Professionnalisation dans l’espace DACH» (Professionalisierung im DACH-Raum), abordant les thèmes de la reconnaissance des compétences, de la mise en réseau et des perspectives d’avenir. Anne Strauch du DIE, Christina Jacober de la FSEA et Giselheid Wagner de l’Académie de formation continue WBA se sont entretenus avec Lars Kilian (DIE). Les expertes ont rendu compte des activités du réseau «Professionnalisation dans l’espace DACH» et ont présenté les différents modèles de reconnaissance des compétences en Allemagne, en Autriche et en Suisse. La question de savoir ce qu’apporte réellement la reconnaissance des compétences aux formateurs et aux enseignants a également été abordée. Les perspectives d’avenir de la professionnalisation et de la coopération dans l’espace DACH ont également été évoquées.

Utilisation de l’IA dans les entreprises

10. Utilisation de l’IA dans les entreprises

Une étude internationale fournit pour la première fois des données représentatives sur la manière dont les entreprises utilisent l’intelligence artificielle et sur les effets qu’elles constatent et attendent en termes de productivité et d’emploi.

L’étude du National Bureau of Economic Research (NBER) repose sur une enquête internationale représentative menée auprès de près de 6 000 cadres (notamment des PDG, des directeurs financiers et d’autres cadres supérieurs) d’entreprises de quatre pays: les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Australie. Les entretiens ont eu lieu entre novembre 2025 et janvier 2026.

Cette étude a notamment permis de déterminer si et dans quelle mesure les entreprises et les cadres dirigeants utilisent aujourd’hui l’IA, quels sont les effets observés dans le passé sur la productivité, la production et l’emploi et lesquels sont attendus à l’avenir, ainsi que les attentes des employés.

Environ 70% des entreprises interrogées utilisent déjà l’IA, en particulier les entreprises plus jeunes et plus productives. Dans le même temps, beaucoup indiquent que les cadres utilisent activement l’IA, soit en moyenne environ 1,5 heure par semaine, ce qui représente une forte augmentation depuis début 2025.

Cependant, plus de 80% des entreprises indiquent également que l’IA n’a eu aucun effet notable sur la productivité ou l’emploi au cours des trois dernières années. En revanche, elles s’attendent à des changements significatifs au cours des trois prochaines années: l’IA devrait augmenter la productivité d’environ 1,4%, la production de 0,8% et réduire l’emploi d’environ 0,7%. De leur côté, les employés prévoient une légère augmentation de l’emploi (+0,5%). 

En bref, l’étude du NBER montre que l’IA est certes utilisée, mais que son potentiel ne semble pas encore être pleinement exploité dans la plupart des entreprises. Celles-ci s’attendent à ce que les effets majeurs de cette technologie se fassent encore sentir.

Une délégation ukrainienne de haut vol en Suisse

Une délégation de onze personnes composée de parlementaires ukrainiens et de représentants du ministère de l’Éducation s’est rendue en Suisse et en Allemagne dans le but de développer des mesures pour son propre système de formation continue. 

La délégation ukrainienne a clairement indiqué que la formation continue jouera un rôle clé dans la reconstruction, car il faut des professionnels possédant les compétences et les qualifications nécessaires pour assurer une reprise économique et une reconstruction institutionnelle durables en Ukraine.

La délégation a qualifié d’énorme défi l’intégration professionnelle des personnes qui rentrent au pays et des vétérans après la fin de la guerre, en raison des besoins importants en matière de formation continue à court terme. L’objectif est de développer considérablement les capacités du système de formation continue.

Des approches pilotes sont prévues, telles que de nouveaux centres de qualification proposant des offres de formation échelonnées et des formats de formation flexibles et modulaires. Les projets pilotes seront mis en œuvre en collaboration avec des bibliothèques, des universités, des communes et des acteurs privés. En complément, les procédures de reconnaissance des compétences acquises de manière informelle doivent être renforcées, en particulier dans la perspective du développement de domaines professionnels importants. Une coopération étroite avec le monde économique est considérée comme essentielle à cet égard.

En complément des qualifications professionnelles, les compétences relationnelles ainsi que les compétences médiatiques et politiques font l’objet d’une attention accrue. Mais les défis psychologiques, notamment liés aux expériences de la guerre, doivent également être pris en compte.

Dans ce contexte, la délégation s’est particulièrement intéressée à la manière dont la formation continue est concrètement mise en œuvre et ancrée dans les institutions en Suisse. La visite a été l’occasion d’acquérir des connaissances pratiques et d’approfondir les échanges avec les principaux acteurs au niveau fédéral.

La visite en Suisse a non seulement permis à la délégation de se familiariser avec les structures et les instruments de la formation d’adultes, mais surtout d’approfondir les échanges techniques. Les discussions ont montré l’importance du dialogue entre la pratique, l’administration et la politique pour développer des solutions viables face à des défis complexes. Le contact direct avec les institutions de formation et les services fédéraux a fourni des impulsions précieuses pour la poursuite des discussions en Ukraine. Dans le même temps, il est apparu clairement que la coopération à long terme et l’apprentissage mutuel jouent un rôle central dans le développement du système de formation continue en Ukraine.

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